La Pentecôte Chrétienne
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Texte: Matthieu 16 : 15-18
Introduction
Jésus demande alors à ses disciples de dire qui Il est, selon eux. Cette question directe amène Simon Pierre à faire cette confession historique : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. En d’autres mots, pour les disciples, Jésus est le Messie d’Israël et le Fils de Dieu.
Le Seigneur prononce une bénédiction sur Simon, fils de Jonas. Si ce pêcheur en est arrivé à cette perception, ce n’est ni en raison de son intelligence, ni en raison d’une sagesse naturelle ; elle lui a été révélée d’une manière surnaturelle par Dieu le Père. Mais le Fils a, lui aussi, quelque chose d’important à révéler à Pierre. Jésus ajouta : Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur ce roc je bâtirai mon Eglise, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. Nous le savons, ce verset a suscité plus de controverses que n’importe quel autre verset du N.T. La question est de savoir à qui ou à quoi s’applique le mot roc. La difficulté vient du fait qu’en grec, le nom « Pierre » et le mot « roc » sont semblables, mais leurs sens sont néanmoins différents. Pétros désigne une pierre, une roche, tandis que pétra indique un rocher. En somme, Jésus disait : « Tu es une pierre (pétros), et sur ce rocher (pétra), je bâtirai mon Eglise. » Il affirmait vouloir édifier son Eglise non sur une pierre, mais sur un rocher.
Si ce n’est pas Pierre, qui est ce roc ? Le contexte fournit la réponse : c’est sur la confession de Pierre selon laquelle Christ est le Fils du Dieu vivant, que l’Eglise est bâtie. Le passage d’Ephésiens 2 :20 enseigne que l’Eglise est érigée sur Jésus-Christ, la pierre d’angle. En affirmant que nous sommes édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Paul ne veut pas dire que notre foi repose sur ces hommes, mais sur leur enseignement concernant le Seigneur Jésus-Christ.
Dans 1Cor. 10 :4, Christ est présenté comme le Rocher. Souvenons-nous que Christ s’adressait à des Juifs. Si nous recherchons dans les Ecritures hébraïques tous les emplois figurés du mot « rocher », nous constatons qu’il ne désigne jamais l’homme, mais toujours Dieu. Par conséquent, les paroles prononcées à Césarée de Philippe ne signifient nullement que l’Eglise reposerait sur Pierre. Jésus ne joue pas avec les figures de style. Il conserve au mot « roc » son sens symbolique vétéro-testamentaire, celui de l’image de la Divinité. Jésus déclare en fait : « C’est sur Dieu lui-même — Christ, le Fils du Dieu vivant — que Je bâtirai mon Eglise. »
Pierre ne s’est jamais considéré comme le fondement de l’Eglise. A deux reprises (Ac. 4 :11-12; 1Pi. 2 : 4-8), il déclare que Christ est la pierre, mais dans ces textes, l’image est différente ; il s’agit de Christ comme pierre angulaire, et non comme fondation.
Je bâtirai mon Eglise. C’est la 1re mention de l’Eglise dans la Bible. L’Eglise n’existait pas dans l’A.T. Encore à venir quand Jésus prononça ces paroles, l’Eglise, composée de tous ceux qui croient vraiment au Christ, qu’ils soient Juifs ou païens, est né le jour de la Pentecôte. Société distincte, connue comme le corps et l’épouse de Christ, elle a seulement une vocation et une destinée célestes.
Nous ne devrions pas nous attendre à ce que Matthieu aborde le sujet de l’Eglise dans son Evangile qui traite essentiellement d’Israël et du royaume. Mais, suite au rejet du Messie par Israël, une parenthèse s’ouvre dans l’Histoire, la période de l’Eglise, qui durera jusqu’à l’enlèvement. Elle se refermera lorsque Dieu achèvera son projet à l’égard d’Israël nationalement. Il est donc tout à fait légitime que Dieu introduise ici la notion de l’Eglise comme étape suivante dans la réalisation de ses dispositions (dispensations) après le rejet d’Israël.
Les portes du séjour des morts ne prévaudront pas contre elle. Cette affirmation peut donner lieu à deux interprétations. Selon la première, les portes du séjour des morts sont décrites comme échouant constamment dans leurs tentatives perfides contre l’Eglise ; l’Eglise triomphera de toutes les attaques contre elle. Selon la seconde, l’Eglise assaille les portes du séjour des morts, qui ne peuvent résister. Dans les deux cas, le séjour des morts sera vaincu, à la fois par la transformation des croyants vivants et par la résurrection de ceux qui sont morts en Christ.
Je te donnerai les clés du royaume des cieux. Il ne s’agit pas d’une autorité que Pierre aurait reçue pour accueillir les hommes au ciel. C’est le royaume de Dieu sur terre qui est visé ici ; il inclut tous ceux qui ont fait profession d’allégeance au Roi, tous ceux qui affirment être chrétiens. Les clés parlent d’accès et d’entrée. Les clés qui introduisent dans le domaine de la foi sont suggérées dans l’ordre missionnaire selon Mt. 28.19, faire des disciples, baptiser et enseigner. (Le baptême n’est pas indispensable au salut, mais il constitue le rite initiatique par lequel les hommes témoignent publiquement de leur soumission au Roi.) Pierre a utilisé pour la première fois les clés du royaume le jour de la Pentecôte. Elles ne lui ont pas été remises à lui en particulier, mais à lui en tant que représentant de tous les disciples. (voir Mt. 18 :18 où la même promesse est faite pour tous.)
La Pentecôte. La Pentecôte inaugure le temps de l'Eglise, elle constitue sa "date" de naissance. Pour les chrétiens, c'est la découverte incroyable d'une puissance nouvelle, celle de l'Esprit de Dieu, donnée en surabondance. Le jour de la Pentecôte, le signe de parler en langues a montré que Dieu voulait établir a nouveau la grâce qui avait été détruite à Babel (Gn. 11:1-9) pour rassembler les membres d’une humanité déchirée.
La Bible est riche de signes et de prophéties qui parlent de cet événement avant même qu'il ne soit. L'Ancien Testament nous révèle ainsi que l'époque troublée du peuple juif durerait jusqu'à ce que l'Esprit Saint soit répandu d'en haut. (Es. 32 :15). De même, le prophète Joël parle de la venue de l'Esprit Saint : « Je répandrai mon Esprit sur toute chair ... Même sur les esclaves, hommes et femmes, en ces jours-là, je répandrai mon Esprit » (Joël 2 :28-29). Et Jésus lui-même l'avait promis: « Vous recevrez une puissance divine » (Ac. 1 :8).
Le Livre des Actes des Apôtres rapporte cet événement qui s’est passé à Jérusalem, le jour de la fête juive de la Pentecôte, cinquante (50) jours après la résurrection du Christ. « Quand le jour de la Pentecôte fut arrivé, ils (les apôtres) se trouvèrent tous ensemble. Tout à coup survint du ciel un bruit comme celui d’un violent coup de vent. La maison où ils se tenaient en fut toute remplie ; alors leur apparurent comme des langues de feu qui se partageaient et il s’en posa sur chacun d’eux. Ils furent tous remplis d’Esprit Saint et se mirent à parler d’autres langues". (Ac. 2 :1-13). Ainsi, la Pentecôte chrétienne est la fête du don de l’Esprit Saint.
Que signifie cet événement ? Le récit des Actes des Apôtres fait état "d’un grand bruit" venu du ciel, d’un "violent coup de vent" et de "langues de feu" et qui se posent sur chacun des apôtres. Le bruit, le vent et le feu symbolisent la présence de Dieu ; ils sont une manifestation de la puissance divine, C’est le renouvellement de la théophanie du Sinaï dont la Pentecôte juive est la commémoration. Si le feu symbolise la présence divine, les langues de feu qui se divisent au-dessus des têtes des apôtres signifie la descente sur eux de l’Esprit de Dieu. Elles symbolisent le don fait à chacun d’eux pour le rendre apte à annoncer, avec une langue de feu, l’Évangile à tous les hommes.
Enfin, le récit fait mention du don des langues que reçoivent les apôtres et les disciples pour leur permettre d’annoncer la Bonne Nouvelle de l’Évangile à tous les hommes, à toutes les nations. On peut y voir une réponse à l’épisode de la Tour de Babel. En effet, lors de la Tour de Babel, les hommes avaient été divisés dans leur volonté d’être plus grand que Dieu. A la Pentecôte, les peuples divisés se retrouvent unis lorsque l’Esprit Saint se manifeste. L’humanité est appelée à vivre cette unité, non pas sans Dieu mais en lui.
Continuité et nouveauté. On peut résumer en disant que si la Pentecôte juive célèbre les origines du peuple hébreu comme peuple choisi dans l’Alliance au Sinaï, la Pentecôte que fêtent les chrétiens célèbre la naissance de l’Église, ce nouveau peuple de Dieu, aux dimensions universelles, qui a pris forme lorsque Jésus ressuscité « a reçu du Père l’Esprit Saint promis et il l’a répandu » (Ac. 2 :33) sur le groupe de ses apôtres et disciples qui ont cru en Lui et ont reçu la mission d’être ses témoins partout dans le monde.
Ainsi, il y a une continuité dans la nouveauté : rassembler le peuple de Dieu. Cette dernière notion devient simplement plus large avec la venue de l’Esprit promis par Jésus. Pentecôte est un nouvel événement fondateur d’une Alliance nouvelle et d’un peuple nouveau.
La fête de la Pentecôte peut nous faire réfléchir à notre confirmation qui ne nous laisse souvent pas beaucoup de souvenir. Et si nous n'avons pas été confirmés, nous pouvons nous poser une question :
Que nous apporte la participation au culte de la Pentecôte ? La fête de la Pentecôte et le culte de la Pentecôte, nous rappelle le rôle de l'Esprit Saint, alors qu'on n'y pense pas souvent. La fête de la venue de l'Esprit, est une fête qui peut nous donner un certain dynamisme spirituel. Elle nous faire prendre conscience de l'action de l'Esprit en nous et de la dimension spirituelle de la vie chrétienne. Elle nous invite à ne pas la réduire la vie chrétienne à une morale et elle nous donne un autre regard sur l'existence humaine.
Cette solennité est aussi la fête de l'avènement, de la fondation de l'Église, nouveau peuple de Dieu qui s'étend à toute l'humanité. C'est une célébration missionnaire : la Bonne nouvelle doit être annoncée à toutes les nations. Cet aspect est souvent exprimé et mis en valeur dans la célébration de l'assemblée.
Mais qui est-il cet Esprit ? Nombreux sont ceux qui se sentent mal à l’aise lorsqu’on parle de l’Esprit Saint (ou du Saint-Esprit). Pour certains, l’Esprit Saint est une force, une force divine, englobant tout et déterminant le cours des événements humains. D’autres conçoivent l’Esprit Saint non comme une force impersonnelle mais comme une personne, un agent envoyé par Dieu pour accomplir sa volonté, en quelque sorte un des anges principaux. Pour d’autres encore, l’Esprit est simplement un autre nom du seul vrai Dieu, un nom qui souligne sa nature invisible. En réalité, ces différentes façons de parler de l’Esprit Saint sont inexactes et enferme l’Esprit Saint dans nos propres pensées alors que le Saint-Esprit souffle où il veut.
L’Esprit Saint le grand oublié, un grand inconnu ? Il existe une certaine tension concernant le Saint-Esprit. Puisque Jésus-Christ est le centre de notre foi, nous pouvons facilement ignorer l’Esprit et le traiter comme s’il n’existait pas. Nous pouvons aussi aller à l’autre extrême et centraliser notre attention tellement sur lui que nous oublions que l’Esprit a été donné pour glorifier le Fils. Il est même possible d’essayer d’utiliser l’Esprit en attendant de lui ce qu’il n’a jamais dit qu’il ferait. En réalité tout est question d’équilibre.
Laissez-vous mener par l’Esprit: Pratiquement, comment mener une vie "selon l’Esprit" ? Lorsque Dieu veut agir dans notre vie, il le fait par le Saint-Esprit. Son œuvre principale consiste à transformer les croyants en l’image de Christ. Il enseigne, instruit et conduit dans la vérité (Jn. 16:13-15). Il produit le fruit de l’Esprit dans notre vie (Gal. 5:22-23) et il accorde les dons et capacités spirituels pour le service du Royaume (1 Cor. 12:4, 7,11). Dans toute l’histoire du salut, l’Esprit Saint guide les hommes. L'Esprit fortifie, console, inspire, vivifie! Il nous conforte dans une foi vivante et joyeuse. C'est le meilleur des guides spirituels!
L'Esprit anime, donne vie, permet de mieux comprendre et de parler avec conviction et fermeté des mystères divins. L’Esprit vient dans la discrétion, dans le secret des cœurs, toujours nouveau et jamais une fois pour toute.
Il donne du courage, il apaise le cœur et donne de l’imagination dans les moments difficiles. Il augmente la confiance en Dieu et donne le désir d’en savoir plus sur lui, approfondit la prière et, surtout, accroît l’amour et l’espérance ! L’Esprit Saint transforme la vie humaine.
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